La pipistrelle

La pipistrelle

En fait, vous la connaissez tous, cette petite habitante des greniers, nocturne et volante, craintive de l’homme, de la lumière et de ses prédateurs : la chauve-souris commune, la pipistrelle, mammifère de l’ordre des Chiroptères, famille des Vespertilionidés, Pipistrellus pipistrellus. On la retrouve aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord, et du Sud, où la nourriture est abondante.

Comme en ville, dans les villages, les parcs, les bois et les forêts. Quand le crépuscule s’annonce au Cardinal, une silhouette furtive, rapide, fugitive tourbillonne. Elle tourne, tourne et tourne encore autour de la lumière, poussant quelquefois de petits cris aigus, chassant inlassablement quelques diptères ou lépidoptères, plus communément appelés moustiques, mouches, cousins ou papillons.

La pipistrelle est la plus petite et la plus commune de nos chauve-souris. Elle sort courant avril, parfois en mars, dès la tombée de la nuit, en général par petits groupes et parfois en plein jour, mais plus tard dans la saison. Son vol est rapide, saccadé, elle se plaît à chasser autour des sources de lumière, des bâtiments, des arbres, avec des voltes faces et des plongeons rapides, capturant tout insecte volant repéré grâce à son système d’écholocation qui consiste à émettre des ultras sons qui lui sont renvoyés lorsqu’ils rencontrent un obstacle ou une proie.

La journée, elle se réfugie dans un grenier, une cave, une cavité murale, derrière des écorces, dans un arbre creux, sous des tuiles. Si vous êtes sympathique et que vous reconnaissez l’utilité de la chauve-souris dans l’éradication proportionnelle des insectes volants (une pipistrelle adulte peut consommer jusqu’à 280 mouches, ou 30 sauterelles par nuit), rien ne vous empêche de lui confectionner un abri fait de quelques planches sur une façade ou un tronc bien exposé, à une hauteur de 4 à 5 mètres. C’est une espèce anthropophile ; des colonies de 10 à 250 femelles ont été observées en été au niveau des habitations (greniers, derrière les volets). Leur présence est signalée par leurs déjections, appelée guano tellement elles peuvent être importantes ; c’est d’ailleurs un excellent engrais de jardin riche en nitrates.

L’hiver approchant, elles se regroupent en petites colonies pour “se tenir chaud”, car leur température descend aux environs de 2 à 3° de plus que la température extérieure, leurs pulsations passent de 600 à 10 par minutes avec des pauses respiratoires de 90 minutes. Ses dimensions sont modestes : de 33 à 51 mm de long pour une envergure de 180 à 240 mm et un poids de 3,5 à 8g. Sa queue est plus longue que son corps, soit 2-3 cm. Son poil est brun-roux sur le dos et brun jaunâtre sur le ventre. Son museau et ses oreilles sont bruns-noir.

La reproduction a lieu en automne, et, chose étonnante, les spermatozoïdes vont rester vivants durant 6 mois dans l’utérus de la femelle. La maturité sexuelle est atteinte entre un et deux ans, la femelle met bas 1 ou 2 jeunes, sevrés en général à la fin août. Son espérance de vie peut aller de 4 à 16 ans. La présence des chauves-souris montre que la nature est à peu près en bonne santé, et qu’il n’y a pas trop d’insecticides dans l’air. Ses prédateurs naturels sont relativement nombreux, et beaucoup sont des oiseaux de proie, diurnes et nocturnes : la chouette effraie, la hulotte, la chouette chevêche, les hiboux moyens et grands ducs, les faucons crécerelle, hobereau et pèlerin, le milan, la buse et l’épervier. Tout un programme, et ce n’est pas fini ; la fouine s’en mêle, le renard, la belette, le blaireau et le putois attrapent les chauves-souris qui colonisent des terriers. Attendez ! Il en reste encore : certaines couleuvres s’en occupent lorsqu’elles sont au repos sur un arbre, les rats, les rongeurs arboricoles, la pie et le geai, et même…une grenouille a été observée se gavant d’une chauve-souris tombée à l’eau… on croit rêver, ou plutôt cauchemarder ! Heureusement, ce petit et néanmoins charmant mammifère est protégé partout en France depuis 1979. Souhaitons-lui, malgré tout ce qui précède, un bon avenir !

Son espérance de vie est d’environ de 16-17 ans.

Ecoutez son cri  qui est beaucoup plus aigu dans la nature !